mercredi 18 septembre 2013

3 Jeunes Ailes pour un FarWest (fin)


Et voici comme annoncé, la dernière ligne droite de nos aventures américaines. Déjà une semaine de passée pour le training, une semaine à contempler des paysages magnifiques, à couper le souffle... une ambiance de folie, et une expérience humaine extraordinaire.

Il est temps pour nous que quitter la mégalopole de San Francisco, ville que j'aime toujours autant malgré le temps que nous avons eu, mais c'est le temps de saison. Un écrivain aurait dit "Je ne connais pas de pire hiver qu'un été à San Francisco". Mais je ne sais plus qui c'est.

Comme indiqué lors du dernier post, l'avion nous faisait quelques misères au démarrage. J'en était resté au repos que nous lui avions accordé pour que notre monture veuille bien nous ramener sur San Diego, après quelques étapes que vous allez découvrir ci-dessous. Mais c 'était peut-être un signe, notre fidèle Skylane eight one one tango whiskey ne voulait peut-être pas de cette fin annoncée dans les quelques jours à venir.


Bye-bye San Carlos

Nous sommes le 21 juillet, il nous reste (à priori) quatre vols avant de bâcher une dernière fois notre machine. La première branche devait nous emmener à Camarillo (KCMA) mais dame météo en a décidé autrement et c'est donc sur Paso Robles (KPRB), avec Olivier comme Cap'tain, que nous mettons le cap, et sur lequel nous referons le point météo nous permettant de savoir si le rapprochement de Los Angeles est possible ou non.


Le terminal de Paso Robles

Paso Robles est complètement perdu au milieu des terres. L'aérodrome est pourvu de deux pistes en forme de triangle se rejoignant sur un des seuils. Ce sera une étape courte.


KPRB

Une fois arrivés, direction le FBO pour nous connecter et récupérer sur nos appareils la dernière météo. C'est confirmé, Camarillo ne sera pas accessible ce soir à cause de la météo. Nous décidons donc de nous orienter un peu plus à l'Est où le temps semble plus clément et c'est sur Burbank - Bob Hope (KBUR) que nous nous dirigeons. Nous aurons quelques kilomètres à faire pour rejoindre notre hôtel situé à Oxnard. Ce n'est pas grave, nous sommes devenus de vrais aventuriers!!!

Par contre, l'aérodrome de Burbank n'est pas un petit terrain de campagne. Il dispose également de deux pistes, mais qui se croisent. C'est en plus un aérodrome où l'aviation d'affaire y est très importante, en plus de l'aviation commerciale.


Le comptoir de Million Air

Nous avons choisi comme FBO, la société "Million Air". Tant qu'à faire... Nous prenons un peu des goûts de luxe. Et effectivement, quand nous arrivons sur le parking, il y n'y a que des jets d'affaire. Un vrai catalogue du salon du Bourget. Nous sommes libérés par le contrôleur sol et devons suivre une golf-car faisant office de "follow me". Le conducteur nous emmène à l'autre bout du parking. On doit faire tâche avec notre "petit" Cessna 182 au milieu de toutes ces magnifiques machines. C'est dommage, car nous pourrions presque nous stationnés sous l'aile de certains, bien à l'abri, sous la protection que leur grand frère. Mais il en est autrement.




Heureusement, la follow-me attend que nous ayons déchargé et bâché l'avion, nous pouvons y charger nos bagages et nous sommes ramenés dans les luxueux locaux de Million Air, où notre voiture de location nous attends. Et puis, c'est de la longue route à faire pour aller à l'hôtel que nous ne pouvions annuler.


Le hall d'accueil de Million Air:





Le lendemain, retour par la même route à Burbank. Le moral est dans les chaussettes, la gaieté légendaire de notre groupe légèrement affectée, car c'est notre dernière journée de vol. Les vacances se terminent, bien qu'il nous reste, normalement plus que trois jours sur le sol américain, trois jours que nous avions prévus en cas de soucis de météo.

Ce soir, nous serons des piétons...

Mais il nous reste encore un belle destination à visiter. Ce sera Catalina (KAVX). Il s'agit d'une île située en face de Los Angeles, sur laquelle le terrain d'atterrissage se trouve sur la montagne, qui a été en partie rasée pour permettre d'y faire une piste. Ce sera en même temps un excellent souvenir, mais aussi une tristesse car c'est mon dernier vol en position de Cap'tain aux États Unis d'Amérique. Et avant cette destination, nous aurons à traverser les axes de piste de LAX, l'aéroport international de Los Angeles.

Quand nous arrivons au FBO "Million Air", nous sommes les seuls pilotes à ne pas être en uniforme. L'ensemble de nos collègues arbore fièrement leur chemise blanche ornée des galons réglementaires dorés et leur pantalon foncé. Nous, toujours dans la même tenue : short, tee-shirt. Il aurait été sympa que nous arborions ce jour-là notre tee-shirt "Jeunes Ailes". Manque de coordination, probablement.

Nous nous retrouvons dans la crew-room pour préparer comme il se doit cette navigation, avec contact avec le "briefeur", édition des NOTAM, téléchargement de la météo et des TFR, etc.



Pendant ce temps, Aurélien, après s'être pesé pour constater les dégâts des hamburgers  (tu as raison de ne mettre qu'un seul pied!), se promène dans les locaux tout en lorgnant sur la machine à pop-corn, que nous n'avions même pas vu avec Olivier. Merci, vraiment, pour la solidarité!!!






La "golf-car" nous emmène à notre avion, passant entre les jets magnifiques tels Gulfstream, Falcon et autres "petites" merveilles. 






Je mets en route et nous nous dirigeons vers le point d'arrêt de la piste 15. De chaque côté de cette piste se trouve un taxiway : un, côté aviation commerciale et un, côté aviation générale, ce qui fait que nous roulons en parallèle avec trois Boeing 737 de la Southwest. Comme de bons français habitués à devoir laisser passer ces seigneurs de l'IFR (boutade), nous nous attendons à faire quelques minutes d'horamètre pour rien, enfin si, juste pour les regarder passer.



Je fais donc mes essais moteur sur la zone prévue à cet effet pendant que le premier 737 est autorisé à s'aligner. 




Nous attendons quelques instants, mais comme la fréquence tour reste muette, nous nous annonçons "ready for departure" sans trop nous faire d'illusion. Et là, magie de l'Amérique, le contrôleur nous annonce "line-up and wait". Ai-je bien compris??? Je suis autorisé à m'aligner devant les deux autres gros??? Et bien oui! Il n'y a qu'ici que l'on voit ça.

Je m'aligne donc en me disant que deux minutes seraient nécessaire à l'évacuation des turbulences occasionnées par le précédent au décollage. Avec Olivier, sans rien nous dire, nous observons toutefois le point de décollage du 737, sachant quand même que normalement le notre serait bien avant. Et c'est une grosse minute après le départ du précédent que nous sommes autorisés au départ. On a bien fait de regarder!

Nous quittons la fréquence TWR de Burbank et passons avec celle de Santa Monica pour être autorisé à croiser leurs axes. Aucun problème, comme d'habitude. Et puis nous contactons les tours de Los Angeles pour croiser également au-dessus de chez eux, et enfin, SOCAL pour effectuer la traversée sur Catalina.

L'arrivée sur LAX, toujours aussi impressionnant de passer au-dessus d'un des plus gros aéroport au monde, si près du sol.









La brume de mer est comme toujours très présente et nous volons au-dessus des nuages tout en apercevant déjà la piste de Catalina. Si, si, on la voit! Nous n'aurons donc pas à faire de percée. Heureusement, car ça nous est interdit.



Voilà la piste posée sur un des sommets :



Le terminal et le hangar de Catalina :


Le terrain de Catalina est en auto-information, et donc l'arrivée se fait juste par les messages annoncés par les pilotes. L'activité est assez calme et donc, la radio n'est pas trop encombrée. Le paysage est magnifique. Nous en prenons plein les yeux pour cette dernière nav de découverte, la suivante se faisant sur San Diego que nous connaissons bien maintenant.

Notre C182 au parking :





Le "Terminal" :



Un Cessna 208 Caravan (Chaton, peut-être???) :


La JAscotte est accueillie at Airport in the sky :


et se fait un copain! : 



Les transports en commun de Catalina :




A notre arrivée, un DC3 est sur le parking Est. Il fait la ligne avec le continent. Pas de chance, notre parking se trouve de l'autre côté de la piste, à l'Ouest. Ca m'aurait bien plus d'aller garer notre petit 182 à côté de cette machine mythique.



Après un burger, assez bon, je dois bien le reconnaitre, pris dans le restaurant de l'aérodrome, le "DC3" et une petite ballade sur ce porte-avion, il est temps pour nous de repartir pour notre destination finale. 





Nous passons pour la dernière fois the skygate :




C'est Olivier qui a la douloureuse tache de nous ramener au point de départ. mais bien sur, nous ne lui en voulons pas. C'est la vie...


Nous déchargeons une dernière fois les bagages de la soute de notre monture qui nous a donné tant de satisfactions, tans de plaisirs, tant d'émotions, qui ne nous a jamais lâché, qui n'a jamais failli (ou presque), qui a été d'une docilité exemplaire. Nous lui devons de magnifiques vacances... des vacances inoubliables... Il a bien su tenir sa place dans la Boulet Air Team.

Il est temps maintenant de faire nos comptes avec Plus One et notre propriétaire :




Nous ne pouvons nous empêcher d'aller déjeuner une dernière fois sur un tarmac... La nostalgie nous gagne, c'est sur ! Nous sommes à Santa Monica :




La JAscotte aussi regarde avec tristesse tous ces avions que nous avons côtoyé tout au long de ces trois semaines...







o 0 o


Après quelques jours passés à Los Angeles, il nous faut prendre notre avion de retour. Nous avions choisi un A380 de la compagnie nationale. Mais notre séjour durera plus longtemps que prévu... En effet, l'appareil venant de Paris ayant subi de telles turbulences lors du vol "aller" qu'il n'a pas été autorisé par Airbus pour une remise en ligne commercial pour le retour. Nous aurions bien aimé voir la tête des passages qui en sont descendus.

Voilà le bel oiseau blanc qui aurait du nous ramener sur Paris :



Mais il partira le soir même sans nous. Uniquement avec les PNC et PNT.

Et voilà ce que ça donne une annulation d'un Airbus A380 d'Air France dans un hall prévu initialement au départ. Environ 500 personnes à reloger dans les hôtels de la région.


Ce sera celui-ci qui nous transportera finalement, un Boeing 777-200 et un équipage super sympa!


Et c'est donc une nuit supplémentaire qui nous est offerte par Air France, et un retour légèrement décalé par rapport à nos prévisions : nous devions arriver le vendredi à 15h sur Lyon, pour une reprise du travail le lundi matin (enfin, pour ceux qui n'ont pas deux mois de vacances en été!) et c'est le dimanche vers 1 heure du matin que notre A320 posera ses roues sur le tarmac de St-Exupéry.

La récupération a dû être rapide, très rapide, mais avec des souvenirs plein la tête.


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Je souhaite ici renouveler mes remerciements à ces deux amis qui m'ont fait participer à ce merveilleux voyage, qui ont toujours eu le sourire, qui ont toujours su proposer plein de choses, et surtout, qui ont réussi à me supporter pendant ces trois semaines.

Merci, la Boulet Air Team!


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Pour ceux qui en veulent encore plus, vous pouvez également retrouver les aventures de la Boulet Air Team, sur le forum des Jeunes Ailes, en cliquant sur le logo ci-dessous :



5 commentaires:

  1. Merci franck pour ce récit ! j'en bave et espère bien un jour pouvoir le faire !

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    1. Je te le souhaite, sincèrement, Christophe.

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  2. Jolie récit qui conclut une trés belle aventure!

    Est-ce que tu comptes donner quelques chiffres sur ce Farwest ? nombre d'heure de vol effectué, de coca absorbé, prix du voyage ?

    Thomas M

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  3. Merci Thomas.
    Pour les bilans chiffrés :
    Heures de vol : 40 heures
    Carburant : 281 USG
    Tarif moyen carburant : 5,99 USD (5,65 à 6,19 $/USG)
    Coût total avion : 4530 USD

    Pour les boissons, nous n'avons pas comptabilisé ;-)

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  4. Merci Franck pour ces chiffres.

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