mardi 19 mars 2013

Aéroski 2013 des Jeunes Ailes


Voilà un an que nous attendions ça : l'Aéroski des Jeunes Ailes. 14 mois d'attente, plus exactement.

L'an dernier, c'était le dernier WE de janvier où nous nous étions retrouvés à Megève pour un programme fort intéressant : un tour en avion chaussé de ses skis pour aller faire des touch and go sur les glaciers, et un peu de ski, accessoirement. D'autres activités pouvant être réalisées, il suffit de rajouter un "p" quelque part et certains comprendrons. Malheureusement, dame météo s'était fait le malin plaisir de nous clouer au sol (une fois de plus) et tout le WE s'était finalement soldé par du ski dans des conditions pas super agréables. Heureusement, l'organisation, le groupe et l'ambiance avaient permis de passer un excellent WE.
Tout ceci était décrit ICI.

C'est donc en ce WE des 16 et 17 mars qu'un certain nombre d'entre nous a retenté l'expérience de l'Aéroski, toujours à Megève. Les conditions météo semblaient être de la partie, au-moins pour le samedi, ce qui devait nous permettre de réaliser une expérience extraordinaire : nous poser sur les glaciers de la vallée de Chamonix.

C'est donc le vendredi soir que toute l'équipe se retrouve dans notre lieu de résidence, autour d'une bonne raclette, servie par "Hervé". Les "anciens" font connaissance avec les "nouveaux" venus, et cette année ils sont au nombre de trois : Michèle, Valentin et Yoann. Tout de suite le courant semble bien passer, peut-être que la raclette et le vin blanc de Savoie y ont contribué, toujours est-il que cette première soirée a été l'occasion de nombreux éclats de rire. Et ça ne s'est pas vraiment arrêté durant tout le WE.

Après un repas "léger", les heures de rendez-vous sont prises pour le lendemain matin : heure de réveil, rendez-vous du petit déjeuner, perception du casse-croute de midi (important pour certains, semble-t-il), arrivée au terrain pour sortir les avions....
Le premier point était assez polémique : pour certains, trop tôt, pour d'autres... la journée commençait encore plus tôt...

Justement, voilà le paysage vu vers les 7h00 du mat'

Après une bonne nuit passée avec le sommeil du juste, nous nous retrouvons au petit déjeuner, accueillis par "Hervé. Hervé est devenu l'emblème charismatique de ce WE depuis l'an dernier. Un Aéroski sans Hervé, ne serait plus un Aéroski. Il manquerait forcément quelque chose. 

Nous arrivons tant bien que mal à lui expliquer ce que nous prendrons au petit déjeuner, et finalement, chacun a pu bénéficier de sa boisson préférée. En écrivant ça, j'en entends déjà certains très légèrement moqueurs (mais vraiment très légèrement) dire "boisson préférée, certes, mais que au petit déjeuner, parce que dans la journée, c'en est bien d'autres". Enfin, laissons passer les sarcasmes!

Il est temps de partir pour le terrain où notre Président doit nous attendre. A notre arrivée, les portes des hangars sont déjà ouvertes et les avions en train de sortir. Après avoir salué les membres "émérites" de la plateforme : le Chef pilote, le responsable et bien-sur Chaton (!), nous aidons à disposer nos montures sur le parking de l'aérodrome. Enfin, l'un d'entre nous n'ayant malheureusement pas trouvé la sortie des ses poches, n'a pu en extraire ses mains et nous aider dans la manipulation des avions, à son grand regret, bien sur. Mais la discrétion et l'amitié m'en ont fait oublié le prénom.

Petit briefing avec le chef pilote qui organise les tours d'avions. Nous sommes six à voler et nous aurons finalement deux avions à disposition au lieu d'un. Nous partirons à deux par avion avec un instructeur.
Premier équipage, nous laissons les honneurs aux nouveaux de la dream team, Michèle et Valentin. Avec Pierre, nous constituerons le deuxième équipage, et comme pour garder les meilleurs pour la fin, le dernier vol sera assuré par Arnaud et Yoann. Mais le fait d'être dans la catégorie des meilleurs implique des sacrifices, il leur faudra attendre notre retour... dans 2 heures.

Nous voici partis dans notre Mousquetaire immatriculé F-PMGV, où je me mets aux commandes. je n'ai volé qu'une fois sur cet avion et pour un vol de... 10 minutes, en septembre dernier (vol sur Saint Roch Mayeres). Il me faut donc me remettre dans l'avion et trouver mes marques. Vu la température extérieure, nous le laissons chauffer doucement ce qui me permet de refaire connaissance avec la bête.

Ce sera donc l'"India 2" qui partira en premier avec Michèle, Valentin et Jacques.

Nous suivons difficilement car l'avion est moins puissant. Nous survolons la vallée de Chamonix et arrivons au-dessus du glacier du Tour, qui sera notre première étape. Il y a un monde fou qui tourne autour, ce qui fait que l'"India 2" renonce alors que nous persévérons.

Pym's m'explique la façon de se présenter, de reconnaître le terrain, d'apprécier l'aérologie, de déterminer les points de visée et de toucher... Tout un programme. Les paysages sont magnifiques et il faut quand même se concentrer sur ce qu'il va falloir faire dans quelques instants... atterrir!

La reconnaissance se fait en trois étapes : haute, moyenne et basse hauteur. Il faut également surveiller les autres avions et voir comment ça réagit au moment où ils touchent le sol. Nous longeons les massifs, nos ailes ne passent pas loin (pour moi) mais Pym's est très confiant. Je fais mon premier circuit dans le cirque offert par la montagne. Craignant d'être juste, je décide de faire d'un pic rocheux et je me fais engueuler par l'instructeur car je viens de me mettre en infraction : le fait d'avoir le tour de ce "petit" cailloux, je me retrouve en Suisse... sans plan de vol! Quelle honte! Bon, c'est vrai que les avions ne sont pas équipés de transpondeur, donc...

Je reviens pour un autre passage de reconnaissance à plus basse altitude. C'est de plus en plus près du massif, de plus en plus impressionnant... Troisième tour pour le passage à basse hauteur. Pym's me demande d'évaluer l'altitude du terrain. Je ne me goure pas trop, ça me rassure. Je procède donc à un éloignement pour m'aligner. Voilà la finale qui arrive. c'est très impressionnant.

Notre arrivée sur le glacier du Tour (et la très légère incursion en Suisse)

Le toucher est très doux, la neige doit bien amortir. Ce qui est déstabilisant, c'est que l'on doit maintenir du moteur en atterrissant, ce que l'on ne fait pas en temps normal. Malgré la puissance, l'épaisseur de neige étant si importante que nous nous trouvés bloqués juste avant de tourner pour se remettre dans la descente. Malgré la puissance du moteur, notre monture ne veut rien savoir. Nous voilà bien plantés! Mais avec Pym's, il y a toujours une solution.

Il demande à notre passager de descendre de l'avion pour aller nous aider à tourner en poussant l'aile pendant que nous donnerons de la puissance moteur, puis nous décollerons et reviendrons le chercher au prochain tour! Quelle chance j'ai d'être aux commandes. Pierre descend donc et nous aide à nous réaligner pour partir. Il doit quand même pousser fort, et l'effort à fournir à 11 500ft n'est pas anodin, ni la récupération, du reste.

Nous voilà donc partis, avec Pierre resté sur le glacier, planté au milieu de nulle part, à regarder passer les avions. Dommage qu'il n'y en ait eu aucun entre notre décollage et notre atterrissage. Ça aurait certainement surpris les équipages de voir un mec planté là tout seul. Bon, comme on l'apprécie bien, nous sommes quand même retournés le chercher. Grand bien nous en a pris, car il en avait profité pour filmer mon retour :

 Merci Pierre pour cette vidéo prise au péril de ta vie!!!

Le petit "Tour" de récupération

Posés sur le glacier d'Argentière

Nous quittons le glacier du Tour pour celui d'Argentière

 Après un changement de pilote sur le glacier, c'est donc Pierre qui prend les commandes avec le Président à ses côtés. Je profite encore plus du paysage, je suis émerveillé (comme toujours, me direz vous) par un tel spectacle.








L'esprit de Pym's protégeant ses Jeunes Ailes!





Tiens, la JAscotte se repose sur le cône d'hélice...



Départ du glacier du Tour pour le Talèfre


Quelques posés sur le Talèfre avant un retour sur le Tour, puis à Megève

Merci Walli, pour ce montage des meilleurs moments:



Le lendemain fut plus reposant vu la météo pourrie nous rappelant l'année précédente, ou nous faisant payer le fait de ne pas avoir ramené l'ensemble de la bonne équipe que nous étions.

Vive l'équipe 2013. Merci pour l'ambiance, mais ce serait sympa de vous trouver une autre tête de turc pour l'an prochain, si vous voyez ce que je veux dire... ;-)

lundi 4 mars 2013

Enfin un vol sur les Alpes...

Vu la météo actuelle sur la région Lyonnaise, cela faisait plusieurs WE que j'étais obligé de remettre ce vol sur ce magnifique relief enneigé. Une des dernières que je suis venu, c'était pour aller me poser à Megève afin de repousser l'échéance de fin de validité de mon autorisation de site sur Mégève, c'était le 31 octobre 2012. Mais il n'y avait encore pas de neige (ou pas trop) sur le relief.

Depuis pas mal de temps, il y a une couche impossible à franchir au-dessus de la région, mais aujourd'hui le temps semble faire preuve de clémence à l'encontre des modestes pilotes que nous sommes.

Malheureusement, il ne reste pas grand chose comme avions de disponible. Notre Robin 160cv n'est pas encore revenu de sa GV à Darois pour cause de météo et l'avion de remplacement que nous avions, un Ecoflyer, est reparti vendredi pour d'autres horizons. Je réserve donc un Robin de 120cv et ne pourrai donc emporter qu'un seul PAX pour ce vol.

Nous voilà donc parti pour un vol qui nous conduit au-dessus de St-Exupery, puis au Nord de Chambéry pour mettre le cap sur La Clusaz et la vallée de Chamonix. Une fois passé les plaines lyonnaises, le temps est magnifique.

Voilà la grisaille passée...

Le massif du Mont-Blanc s'offre à nous

Les skieurs doivent s'en mettre plein les jambes et plein les yeux de cette tempête de ciel bleu. Et nous, nous sommes ici, quelques centaines de pieds au-dessus de le leur tête.

Notre belle station de La Clusaz

Le massif de l'Aiguille et le col de Balme

Petit contact téléphonique avec ma soeur pour lui faire coucou depuis les 9 500 pieds où nous sommes. Sur la piste, on a dû la prendre pour une folle à faire coucou à l'avion. Bon, ça, on le tient de famille, on s'y est fait.

 Tracé sur La Clusaz

Nous poursuivons sur Chamonix. Il va falloir ouvrir l'oeil, vu la météo, il va y avoir du trafic dans le coin. Ma passagère a les yeux grands ouverts devant tant d'émerveillement.

Le Mont-Blanc, majestueux

Le glacier d'Argentière

La Vallée Blanche et le glacier du Tacul

L'Aiguille du Midi et son relai hertzien

Le Mont-Blanc tout au fond

Les glaciers sont couverts de neige, et il y a du monde sur la Vallée Blanche. J'espère que nous aurons le même temps dans un mois pour la faire.

Trace contre le Mont-Blanc
 
Nous passons au-dessus de Megève, histoire de faire également un petit coucou aux amis sur place. Mais la piste est contaminée, donc impossible de se poser. Espérons que ça fondra avant le 1er mai, sinon : et Hop! (comme dirait Lionel Guerin)*, la qualif de site, envolée!!!

Altiport de Megève : Hello Pym's, Salut Chaton!


 
Sur le retour, la météo est n'est pas super bonne. Toujours cette couche de brume au-dessus du Lyonnais. Mais c'est pas grave. On s'en est mis plein les yeux pendant deux belles heures.

* citation empruntée à mon ami Albéric (j'espère que les droits ne seront pas trop exorbitants) ;-)

mardi 26 février 2013

Un joli cadeau

Collectionneur de Safety Cards, les cartes de sécurité des avions, on vient de m'offrir une collection de 313 nouvelles cartes.

Il y a des perles. Certaines ont largement plus de 30 ans. 

Au fil du temps, on peut constater les différences de graphisme, des supports et des messages qui y sont portés.

C'est vraiment un beau cadeau. Merci Bernard.

La liste se trouvant dans le bandeau à droite va être mise à jour très prochainement... mais ça prend du temps de tout référencer...


dimanche 10 février 2013

Une belle balade dans les montagnes

Depuis quelque temps, nous avions envisagé avec mes compagnons de vol habituels de l'ACRT, d'aller se faire une petite ballade dans les montagnes, avec comme terrains de destination : Barcelonnette (LFMR) et Mont-Dauphin - St Crépin (LFNC). Mais, comme beaucoup de pilotes depuis un certain temps, la météo nous a souvent clouée au sol et nous avions déjà reporté cette expédition à plusieurs reprises.

Une nouvelle date avait été fixée au samedi 9 février, avec le grand espoir que la météo nous serait plus clémente. Notre GO, Pythagora (pour les intimes), avait eu l'excellente idée de convier à notre périple d'autres pilotes du club, afin que nous fassions une mini sortie club. Mini sortie club, car il n'y avait que deux avions alors que les sorties club se font avec l'ensemble de la flotte, de trois avions! Pour moi qui suis très attaché au partage de ces moments magiques, notamment lors de ma participation au "groupe voyage" de mon autre club, participation que j'ai dû arrêter à grands regrets. Bref!

Nous accompagnait pour ce périple : le Président du club, Bernard, le Chef pilote du club, Yves, et un Administrateur du Club, Frédéric. Que du beau linge! En tout cas, une équipe fort sympathique.

Chacun d'entre nous a dû suivre avec attention la météo de ces derniers jours qui nous a souvent blanchi nos terres lyonnaises et nous avions quelques doutes sur notre départ ou un éventuel report.
En tous cas, ce n'est pas la météo de ce vendredi soir qui nous a rassuré avec les 4cm de neige tombés entre 20h et 23h.

Mais Pythagora cachait bien son jeu. Tout était organisé à la perfection, comme toujours. Il avait dû faire des incantations à toutes les muses de la météo, car c'est finalement par un temps tout à fait acceptable que nous sommes partis de Bron avant de trouver un ciel sans nuage à notre arrivée sur les montagnes. Merci Pythagora de me transmettre les adresses de tes muses ;-).

Nous nous retrouvons donc sur le terrain à 9h30. Les voies d'accès de l'aérodrome ne sont pas encore déneigées de ce qui est tombé dans la nuit. Les parkings sont immaculées de blanc et nous y faisons les premières traces de pas, avant les premières traces de roues.

Le Bronx sous la neige:




Un des avions, le DR400-160, est garé au chaud dans le hangar. Il n'y aura que le Rallye qu'il faudra déneiger et dégivrer. Chacun se chauffe un peu pour aider soit à gratter l'avion, soit à aller faire le plein de l'autre avion. Un petit vent bien frais nous rappelle que nous sommes en hiver et qu'il ne faudra pas traîner sur la tarmac.

El Commandante à la soute : Faut tout faire, ici!

La météo est sortie de l'ordinateur, tout comme les NOTAM. Aucun souci pour notre vol, il faudra néanmoins faire attention à du parachutage vers Barcelonnette. 

Les équipages s'installent dans leurs machines respectives. Le Rallye sera amené sur Barcelonnette par Bernard, avec Frédéric en Copi et Pythagora en sac de sable. Pour le DR-400, nous sommes pilotés par El Commanadante, avec Yves en place droite et moi dans la soute. Nous sommes les premiers à nous mettre en mouvement, autorisés par "Chirac" à la tour. C'est un contrôleur très sympa (obligé avec le prénom qu'il porte) qui a l'habitude de nous enregistrer l'ATIS avec la voix de Jacquo. C'est excellent. Pourvu que l'administration n'envisage pas de nous mettre des ATIS automatiques!!!

Décollage en 34, virage à droite, direction les axes de St-Ex avant de partir plus au sud. Quelques nuages sur la route et notre "Commandante" demande à monter au FL075 pour éviter tout ça. 

Arrivée sur St-Ex :


Nous allons être le jambon du sandwich!


La charmante contrôleuse nous autorise ce qui nous permet d'avoir un magnifique vol "on top" au-dessus du Sud-Est Lyonnais et de Grenoble.

Nous avons une magnifique vue sur les Alpes, et Yves qui connaît parfaitement la région, nous gratifie d'une visite guidée extraordinaire. Merci Yves.


C'est une fois arrivés sur le relief que les nuages disparaissent. 

Le lac de Serre-Ponçon:

Il fait tellement chaud dans l'avion que nous givrons à l'intérieur!



Arrivée dans le vallée de Barcelonnette:


Nous arrivons vers le lac de Serre-Ponçon, qui sera l'entrée de la vallée pour rejoindre Barcelonnette. Nous voyons le terrain de Gap-Tallard au loin. La vallée est étroite, et c'est assez impressionnant de flirter avec l'aile droite sur les montagnes, car il nous faut toujours envisager un éventuel demi-tour.

Barcelonnette (LFMR)

Intégration standard par El Commandante, avec un magnifique kiss-landing. Même dans la soute, je n'ai rien senti... C'est pour dire! Arrivés sur le parking, un magnifique Pilatus doré est posé en plein milieu. Nous slalomons entre la pompe, le Pilatus et quelques blocs de neige pour rejoindre le parking verglacé, alors que la piste était en excellent état.



 Nos montures au parking...
La trace de El Commandante

Direction le bar pour un café et une escale technique, puis nous nous remettons en ordre de marche pour rejoindre notre destination gastronomique : Mont-Dauphin - St Crespin. Les équipages se composent de la façon suivante pour cette branche : dans le Rallye : Pythagora aux commandes, Yves en Instructeur et Frédéric en place arrière. Dans le DR, j'aurai le plaisir d'être aux commandes, avec notre Président en Copi et El Commandante sur la banquette arrière. Et oui, malgré ses galons, ils sait rester humble, ce garçon.

Pour cette branche, j'avais envisagé de retourner sur le lac de Serre-Ponçon pour rejoindre St-Crespin, mais je me suis (très facilement) laissé convaincre de passer par le relief, et notamment le col de Vars, pour rejoindre notre destination. Le décollage se fait en 27. Il me faut donc faire un 180 par la gauche pour rester dans la vallée. Avec ce froid, le taux de montée de notre 160hp est tout à fait correct malgré la charge emportée. Il faudrait faire quand même un petit régime, El Commandante! ;-)

Le virage est un peu serré et nous passons le travers de la ville tout en montant. Le ciel est encombré de quelques parachutistes qu'il serait judicieux d'éviter. Le paysage est magnifique. Je suis tellement absorbé par tout ça que je dois quand même faire attention à ma vitesse. Nous arrivons au-dessus de la station de Vars où quelques skieurs sont en hors-piste. La montagne a revêtu son magnifique manteau blanc.

Passé le col, il s'agit de descendre sans tarder car il nous faut perdre 5 000ft sur moins de 7NM. Je ne me lasse pas de ces paysages. Nous voyons au loin la piste qui va nous accueillir. Un beau ruban noir dans une étendue blanche. Là, c'est plus facile à repérer qu'un champs d'aviation vert au milieu de champs verts. Qu'en pensez-vous, les élèves pilotes, ne serait-ce pas une bonne idée que d'avoir les terrains aussi visibles lors des tests PPL?

Ne connaissant pas du tout le terrain, je fais une intégration standard complète, avec reconnaissance puis intégration en vent arrière, ce qui oblige mon ami Pythagora à faire un 360 de retardement. C'est bon ça, pour ton lâcher Rallye! Je me présente un peu haut, mais arrive à faire un joli kiss-landing qui semble avoir plus à mes PAX. La piste est en excellent état, sans aucune trace de neige ou de verglas.

Je fais rapidement un demi-tour sur la piste pour récupérer le taxiway et libérer la piste afin que Pythagora ne soit pas obligé de faire une remise de gaz.

Trace GPS Barcelonnette - Mont-Dauphin

Fermeture des avions et il nous reste quelques centaines de mètres à parcourir avant notre auberge retenue par notre GO : Le Gaulois à St-Crespin. Nous ne savons pas encore que ces quelques mètres nous seront salutaires... après le repas, que dis-je, le banquet "Gaulois", et c'est un doux euphémisme! A part les sangliers, tout y était!

Si vous passez par la région, je vous recommande cette table. Par contre, prévoir sieste, impérativement après! Le repas a été excellent, et bien que nous n'ayons pas attaqué la cervoise, cause vol, nous ne pouvons que remercier nos estomacs pour leur sollicitude!

Pour la suite de notre expédition, nous prendrons comme call-sign "Gargantua air-line", c'est tout à fait de circonstance! C'est ici que le Rallye quitte l'escadrille pour rejoindre Bron, alors que nous nous dirigeons vers Chambéry-Challes (LFLE) avec Pythagora aux commandes, El Commandante en position "sieste" à l'arrière, et moi-même en mode digestion en place droite. Belle petite nav qui nous fait passer par Briançon, puis la vallée de la Tarentaise avant notre arrivée par la Maurienne.





Les nuages sont de retour, et nous devons monter, monter, monter pour pouvoir slalomer dans ce paysage magique. Ce sera une première pour moi, atteindre pratiquement le FL130, juste quelques secondes à cause du risque d'anoxie, car nous n'avons pas d'oxygène à bord. Tout ça pour passer un nuage avant de redescendre dans la vallée où une belle trouée nous attend.


Pythagora maîtrise tout ça de main de Maître. Il partage avec nous ces options et décisions. Nous validons ces choix. Nous voici maintenant en Maurienne et nous approchons de Challes où il fera une intégration standard. 


Belle luminosité...



Là aussi, la piste est très facile à découvrir : belle bande noire au milieu des étendues blanches. Nous intégrons la vent arrière main gauche quand un planeur ULM s'annonce sur la vent arrière main droite, son circuit normal. Super cool le mec : il annonce qu'il n'a pas de moteur et qu'il va se poser sur la 32, faisant fi que nous soyons déjà en finale. Pythagora prend la bonne décision de remettre les gaz.

 Trace Mont-Dauphin - Chambéry-Challes

Après un plein de bonne 100LL, il est temps de terminer notre périple avec un retour sur le Bronx. Je prendra les commandes pour ce vol, avec El Commandante en Copi. Pythagora démarre sa digestion en place arrière. Nous prenons les METAR de Chambéry et de Lyon car cela semble un peu chargé, question nuages. Sur Bron, ils annoncent une visi de 9999, des FEW à 1 900ft et du SCT à 3 300ft. Pas de souci pour rentrer, nous resterons à 2 000ft après avoir passé le relief au-dessus d'Aiguebelette, où le plafond est à 5 500ft.

Après décollage, il faut contacter sans tarder la tour de Chambéry pour un transit SE-SW dans la CTR, ce qui nous est refusé pour cause d'une arrivée en 18 par un IFR sur le terrain. Nous passerons donc au Sud sans pénétrer, mais il nous faut monter. Je passe donc avec l'approche, et en sortant de la TMA, je contacte l'approche de St-Ex pour le transit au-dessus des axes.

Après quelques minutes, l'approche nous demande de contacter la tour de St-Ex qui doit nous donner des infos météo concernant notre arrivée sur Bron. Le contrôleur nous informe d'un plancher à 1 200ft et d'une visi à 2 500m. Il nous demande nos intentions : continuation ou déroutement. Je propose à mes PAX un déroutement météo sur St-Ex si ça ne passe pas, ce qu'ils trouvent être une excellente idée. Puis après réflexion, est-ce que la taxe nous sera minorée dans ce cas-là, puisque nous pouvons nous dérouter sur Morestel. La raison et notre porte-monnaie nous enjoignent de dérouter sur Morestel. Il est plus sage de se dérouter et de réfléchir au sol qu'en vol avec une météo peu accueillante.

J'annonce donc mon déroutement, nous sortons la VAC de Morestel (LFHI) et je prépare mon arrivée avec l'aide de mon Copi. C'est confortable la pilotage à deux! Le terrain est dégagé et non contaminé par la neige, la piste répond à nos performances, nous pouvons y aller. Un DR400 local fait des tours de piste, nous nous intégrons derrière lui en début de vent arrière après une verticale terrain.

 Challes - Morestel

Arrêt moteur au parking, sortie des météo sur nos I-Trucs respectifs pour confirmer les infos de St-EX. Et là, grande surprise : les METAR automatiques nous donnent les mêmes paramètres que ceux que nous avions au départ de Challes. Je vais les chercher sur un autre site, pour confirmation, et c'est la même chose. Incroyable! Les METAR ne donnent absolument pas la réalité du terrain. C'est bien d'avoir enlevé les météorologues des terrains, mais si c'est pour mettre des machines donnant des conneries, faudra pas s'étonner d'avoir des accidents. C'est bon, je me calme!

Appel à Bron pour savoir ce qu'il en est : le plafond n'est pas haut, mais on nous donne 1 900ft, légère neige et visi supérieure à 5km, ce qui nous permet de rentrer. Nous prenons donc la décision de remettre en route avant que ça ne se dégrade.

Je re-contacte St-Ex tour pour notre transit qui est approuvé au seuil 36, derrière un avion de British Airways, puis passons avec Bron tour qui nous autorise une intégration en base 34. La visi est acceptable pour rentrer en sécurité.

 Trace du vol complet


Ce sera la fin d'un périple passionnant, dans un groupe très agréable, où une fois de plus, le "prévu" et le "réel" auront été différents. Ce sera également pour moi, trois nouveaux terrains à mon tableau de chasse, et une expérience aéronautique toujours en amélioration grâce à mes compagnons de vol.

Merci Messieurs, et à une prochaine, avec le plus grand plaisir.